🇫🇷 Paris · FR · 30 Oct 2025
Casse du Louvre : nouvelles interpellations et polémique sur la sécurité du musée
L'enquête sur le spectaculaire cambriolage du musée du Louvre, survenu le 19 octobre 2025, s'accélère. Mercredi soir, cinq nouveaux suspects ont été interpellés en région parisienne par les enquêteurs de la brigade de répression du banditisme (BRB). Parmi eux figure l'un des membres présumés du commando qui s'était introduit dans la galerie d'Apollon. Cependant, cette avancée majeure s'accompagne d'une vive polémique concernant les failles de sécurité du plus grand musée du monde.
Un système de vidéosurveillance obsolète et en infraction
Lors d'une table ronde organisée au Sénat, le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a dressé un bilan critique de la sécurité périmétrique du Louvre. Bien que le musée dispose de 1 300 caméras internes, la façade extérieure — qui s'étend sur plus de trois kilomètres en comptant les cours intérieures et les abords de la pyramide — ne compte que cinq caméras de surveillance. De plus, la présidente du Louvre, Laurence des Cars, avait déjà alerté en 2021 sur le risque d'obsolescence technologique : une grande partie du matériel reste analogique et n'est pas passée au numérique, ce qui réduit considérablement la qualité des images exploitables.
Plus surprenant encore, le préfet a révélé que les caméras extérieures étaient en « infraction administrative ». L'arrêté préfectoral autorisant leur fonctionnement, renouvelable tous les fins d'années, a expiré le 17 juillet 2025 sans qu'aucune demande de reconduction n'ait été déposée par la direction du musée. Bien que cette situation n'affecte pas l'exploitation technique des images, elle met en lumière une négligence de gestion interne.
La piste d'Aubervilliers pour les bijoux
Selon des sources proches de l'enquête, les huit bijoux dérobés, dont la valeur marchande est estimée à 88 millions d'euros, auraient transité par un box de stockage situé à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, peu après le vol. Les enquêteurs continuent de ratisser le secteur à la recherche de cette précieuse marchandise, qui pourrait servir de monnaie d'échange ou être destinée au marché noir international via un commanditaire présumé à l'accent slave.
Une crise sécuritaire nationale dans les musées
Les sénateurs se sont dits « effarés » par ces révélations. Le cas du Louvre semble emblématique d'une vulnérabilité partagée par de nombreux musées français. Depuis septembre 2025, au moins sept vols majeurs ont été signalés à travers le pays, notamment le vol de pièces d'or et d'argent à Langres, de porcelaines chinoises au musée Adrien-Dubouché de Limoges ou de pépites d'or au Muséum d'histoire naturelle de Paris, portés par l'envolée des cours des métaux précieux.
Sources : Ouest-France · Le Dauphiné Libéré · Le Figaro · Le Monde · BBC · France 24 · Franceinfo · Le Journal du Dimanche · CNews


